Paule-Jeanne est une riposteuse, c’est-à-dire qu’elle fait l’escrime dans le cadre de sa maladie, le cancer. Lors de notre atelier itinérant sport santé, elle a témoigné par rapport à la découverte et la pratique de notre sport :

« Bonjour, je m’appelle Paule-Jeanne Lallemand, je suis prise en charge par le service d’oncologie de l’hôpital Édouard Herriot à Lyon.

Enfant, avec mes frères, de vrais mousquetaires, nous nous provoquions en duel avec des épées en bois. Je n’aurai jamais imaginé « quelques années » plus tard que je découvrirai l’escrime grâce à Cécile et Radoudja, l’UJOM, Bulle d’R et Gaspard.

Gaspard, notre maître d’armes, chaque lundi après-midi. Empathique, bienveillant, serein, se met à la portée de chacun en adaptant les gestes en fonction de la pathologie. Dans la joie et la bonne humeur, mais aussi avec beaucoup de rigueur d’application, les progrès adviennent, des résultats obtenus… N’est-ce pas Gaspard ?

Ensuite, l’échauffement, une mise en mouvement progressive du corps. Cette séance est très ludique. Je m’amuse bien, laissant de côté les « maux », puis, nous ajustons nos masques d’escrime afin de se protéger le visage. Dorénavant, nous devenons anonymes, derrière ce fin grillage, ce qui aide lorsque l’on n’ose pas toucher l’adversaire. Nous voilà parés pour commencer….

Salut, le salut est une règle de courtoisie. En garde, talon, pointe des pieds jusqu’à l’adversaire afin de le toucher. Parade, riposte…interrompues…par des pauses… Réhydratation oblige…. À la fin du duel, salut, respect des autres et de soi.

L’escrime m’apporte l’attente d’un bien-être physique et moral. Un grand plaisir, la sérénité en oubliant pourquoi, je suis là. La découverte intéressante de ce sport que je n’aurai pas connu autrement. Je pense aussi que l’escrime est subtile et difficile à acquérir mais cela ne m’empêche pas de passer des moments agréables et d’échanger avec les autres dans la même situation et se confronter d’égale à égale. Aussi, d’échanger sur n’importe quels autres sujets. L’escrime me stimule, me fait gagner en vitesse et en concentration, améliore mes capacités d’anticipation car je suis souvent dans la lune. Elle permet d’utiliser ses quatre membres indépendamment et contribue à une grande souplesse et agilité.

Pour finir, je dirai que l’escrime comme la plupart des sports est bénéfique pendant et après la maladie. Je n’ai jamais arrêté le sport même au plus mal. L’escrime peut aider à se sentir plus forte et plus en contrôle de sa vie.

La parade et la riposte sont des mouvements clés dans l’escrime représentant la capacité à défendre soi-même face aux défis de la vie et à renforcer un sentiment de détermination et de persévérance face à la maladie.

Duel entre elle, la maladie et nous. Même si pour participer aux jeux olympiques, c’est trop tard pour moi cette année…

Je remercie Gaspard, Radoudja et Cécile de m’avoir permis de pratique l’escrime et vous remercie de la part de tous ceux et celles à qui vous avez permis cette pratique.

Je vous salue… ciel, poitrine et terre. »